Lancer et faire vivre un média sur Twitch, un fantasme obsessionnel ou une réelle opportunité viable ?

Parlons des interneteurs

Lancer et faire vivre un média sur Twitch, un fantasme obsessionnel ou une réelle opportunité viable ?

Nous avons vécu beaucoup de bouleversements ces derniers mois et dernières semaines dans le monde du live. Fin de LeStream, arrivée des médias sur Twitch, avec ou sans succès, professionnalisation des streameurs, hausse ou baisse des budgets de production, etc.

Est-ce que les médias ont réellement leur place sur Twitch ou fantasmons-nous collectivement ? 
Si oui, comment (bien) se lancer sur cette plateforme ? 

Les Web TV sont mortes, vive les Web TV.

Cette année marque la fin des Web TV sur Twitch. En effet, Maxildan, animateur de LeStream a récemment annoncé la fin de l’émission diffusée tous les jours depuis 2017.

ON A QUELQUE CHOSE À VOUS DIRE.

Le fait d’avoir réduit les plages horaires, en supprimant les émissions diffusées le matin pour mettre le paquet sur les émissions du soir, à plus fort potentiel d’audience, n’a pas suffi pour sauver ce média. 

Trop coûteuse, perte d’audience… LeStream ferme définitivement ses portes.

Cela peut aussi s’expliquer par lancement complètement raté de LeLive, autre média que Webedia a voulu lancer en 2020. Cette annonce a fait de l’ombre à LeStream car l’émission se positionne sur le même créneau mais avec plus de moyens et d’ambitions.

Au final, LeLive a flop et s’est arrêté au bout de quelques semaines. LeStream lui, ne s’est pas arrêté, mais a continué affaibli par ce “mauvais choix” de son producteur.

© Webedia – Le Live

Quels modèles économiques adopter ?

Pour que les médias puissent avoir une présence minimale et percutante sur Twitch, le nerf de la guerre reste l’argent.

Pour cela, les médias adoptent différentes stratégies pour garder la tête hors de l’eau.

La publicité et le placement de produit

C’est la méthode la plus utilisée dans le monde des médias traditionnels. C’est donc cette même méthode qui s’est beaucoup démocratisée sur Twitch.

Produire une émission régulière, ça coûte cher. Et donc, il faut trouver des financements sur le long terme pour pouvoir voir venir sereinement.

Ce peut se traduire de différentes manières : apparition au début, pendant et à la fin du live (cf : l’émission de Domingo : Popcorn) ou alors parler de produit pendant l’émission pour en faire sa promotion : lancement d’un jeu vidéo, parler de la sortie d’un film, se rendre dans un endroit (cf : LeStream chez Disneyland), etc.

Le crowdfunding et transparence, le modèle parfait ? 

Backseat, émission politique portée par Jean Massiet depuis 2021, propose un financement participatif à ses viewers.

Là-dessus, le média est clair et a annoncé la couleur en disant que pour chaque émission, 16 000€ sont nécessaires pour financer le studio, les équipes techniques, les chroniqueurs, etc.

Dès le début de saison, Jean Massiet a annoncé avoir besoin de 400 000€ pour financer la saison. D’abord sur Utip puis, depuis la fermeture, su KissKissBankBank, l’argent récolté permet de produire chaque semaine une émission et l’objectif est presque atteint.

Mais, pour ne pas trop demander à son audience, Backseat propose aussi un before (30 minutes) qui permet de mettre en avant un sponsor, une marque, etc. Ces partenariats permettent de financer une partie de budget. 

Exemple de partenariat : Bouyges Télécom

Comment se lancer sur Twitch, quand on est un média ? 

Être un média sur Twitch sans être incarné par un visage ou une équipe de personnes connues et reconnues dans son domaine, est mission impossible.

On peut le voir avec Arte qui travaille avec de nombreux créateurs / créatrices de contenus pour animer leurs différentes émissions.

Suivre une marque sans visage, sans savoir qui est derrière, ça n’existe pas. (Ou alors, il faut sortir le budget pub pour se faire connaitre et amasser des viewers). Cela est vrai sur Twitch, mais aussi sur Youtube.

Les gens suivent des gens, pas des boîtes de productions. 

On le voit aussi avec Samuel Étienne qui permet à France TV d’être présent sur Twitch de manière officielle et officieuse.

En effet, France TV sponsorise l’émission du journaliste “l’hebdo est tienne”. Et à côté de cette activité « personnelle », Samuel Étienne anime des émissions sur la chaîne Twitch de France TV (notamment au moment des présidentiels).

Par contre, cela interroge et pose de nombreuses questions.

Si un média est identifié par un visage, par une personne physique, cela peut poser quelques problèmes sur le long terme :

  • si la personne en question est cancel, que devient le média ? 
  • si la personne se fait dépasser par son propre média, est-ce qu’elle arrivera encore à animer cela en gardant son authenticité ? 
  • si la personne et le média ne partagent plus les mêmes convictions, que se passe-t-il ? 

Un drama porté sur une seule personne, la tête du média, peut mettre fin au travail de nombreuses personnes du jour au lendemain. 

Mais alors, quelle stratégie faut-il adopter ?

La bonne solution, à mon sens, serait de collaborer avec des créateurs experts dans leurs sujets pour proposer des contenus intéressants pour l’audience. Sans pour autant faire du “start talent” comme dans le doublage. Ça permet aux créateurs d’avoir un projet sur le long terme. Ça permet au média d’avoir une audience qualifiée et cette co-création ne peut être que pertinente, si c’est bien fait. 

La clé reste la régularité, comme le propose de nombreuses émissions avec un RDV hebdomadaire ou mensuel fixe. 

Concernant le financement, mêler financement participatif et opés commerciales peut être un calcul intéressant.

Cependant, attention aux partenaires sélectionnés et à leur mise en avant dans l’émission.

Par exemple, dans certains « before de backseat« , sponsorisés par une marque qui vient en plateau être interviewée, cette dernière peut se faire ensuite “trashtalk” par des chroniqueurs de l’équipe. Sur le ton de la blague, certes. Mais cela peut être très vite sensible.

Dans ce modèle, il faut que les viewers soient respectés et que les marques le soient aussi. Ou alors, autant ne pas choisir de travailler avec un partenaire, s’il n’est pas en phase avec les valeurs du médias et/ou de l’équipe. 

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